La problématique de la consommation de drogues chez les jeunes, et plus particulièrement chez les sportifs, a occupé une place centrale lors de l’atelier d’information et d’échanges organisé du 21 au 22 novembre 2025 à Bururi. Cet atelier, destiné aux femmes leaders des fédérations sportives, a été animé par la Présidente du Comité National Olympique du Burundi, également Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, avec l’appui de Play International.

Dès l’ouverture des travaux, les participantes ont exprimé leur vive préoccupation face à l’ampleur croissante du phénomène. Selon elles, la consommation de drogues n’épargne plus aucun milieu et s’observe désormais dans les écoles, les quartiers, ainsi que dans l’environnement sportif, pourtant considéré comme un espace d’épanouissement et d’éducation.

Des drogues facilement accessibles dans les écoles

Les femmes représentant les différentes fédérations ont témoigné que plusieurs jeunes commencent à consommer des drogues alors qu’ils sont encore à l’école. Malgré les dispositifs de surveillance mis en place par les directions d’établissements, certaines substances illicites parviennent à franchir les barrières.
Dans certains internats, cette introduction serait facilitée par des complices internes, notamment des veilleurs ou des cuisiniers, selon les témoignages recueillis. D’autres élèves dissimulent ces substances dans leurs chaussettes, leurs « soxes » ou d’autres effets personnels, rendant leur détection difficile.

Le milieu sportif également touché

Plus alarmant encore, des cas de consommation ont été rapportés dans le milieu sportif. Certaines participantes ont affirmé que des encadreurs peu scrupuleux inciteraient des joueurs à consommer certaines substances, parfois en les leur fournissant directement.
Pour contourner les contrôles, les jeunes utilisent diverses astuces : gourdes présentées comme remplies d’eau alors qu’elles contiennent des mélanges douteux, boissons en plastique prétendument inoffensives, ou encore jus trafiqués.

Cette situation met gravement en péril la santé des sportifs, altère leurs performances et porte atteinte à l’esprit même du sport, fondé sur l’intégrité, l’effort et le fair-play.

Une réalité présente aussi dans les lieux de loisirs

La consommation de drogues par des mineurs n’est pas seulement observée dans les écoles et les clubs. Plusieurs participantes ont également évoqué la présence de jeunes dans certains bistrots et boîtes de nuit où ils accèdent à des substances psychotropes en toute discrétion, exposés à des risques multiples.

Des recommandations pour inverser la tendance

Face à ce constat préoccupant, l’atelier a formulé plusieurs recommandations. Parmi elles figurent:

La Ministre a, pour sa part, encouragé les femmes leaders du mouvement sportif à continuer de jouer un rôle moteur dans la prévention, la sensibilisation et l’encadrement des jeunes. Elle a rappelé que le sport doit demeurer un espace sûr, exempt de violences, de manipulations et de drogues.

Cet atelier a permis de mettre en lumière la nécessité urgente d’actions concertées et durables pour protéger la jeunesse burundaise et préserver l’intégrité du sport national.

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